section
Vistrenque
Une centaine d'élus locaux , parmi lesquels de nombreux maires de petites communes
de la région soutenant la liste A gauche maintenant !, conduite par René Revol, ont lancé un appel, hier en fin de matinée, à Nîmes, à l'issue d'une rencontre qui s'est déroulée à l'Holiday Inn,
demandant le retrait pur et simple de la réforme des collectivités territoriales.« Nous avons reçu l'appui d'une centaine de maires du Languedoc-Roussillon, d'où ce que nous
appelons "l'appel des 100 maires" », explique René Revol, selon lequel la réforme en cours « aura des conséquences extrêmement graves ». En préconisant la fusion des communes
et la métropolisation, elle remet directement en cause la liberté communale et la démocratie de proximité, estime le leader de la liste A Gauche maintenant !, « les citoyens n'ayant plus aucune prise sur les décisions que prendront les communautés ». « D'autre part, la réforme de la taxe professionnelle va se traduire par
un transfert des charges des entreprises sur les ménages, qui n'en peuvent plus », reprend René Revol. Il conteste aussi le mode de scrutin prévu, uninominal à un tour. « Il va supprimer la diversité
de la représentation, conduira au bipartisme et permettra à quelqu'un d'être élu sans avoir la majorité des voix. »Enfin, cette réforme, explique-t-il, a été conçue pour réduire les rentrées fiscales
des collectivités territoriales dans le but de les contraindre à réduire leurs dépenses « alors qu'elles sont les seules de tout le secteur public à avoir développé l'emploi depuis cinq ans
». René Revol préconise une autre réforme, basée sur une coopération librement consentie des collectivités territoriales.
Le parti
présidentiel, adossé aux choix politiques d’un Nicolas Sarkozy à mi-mandat, sourd aux critiques sur son bilan et contraint à une posture d’éternel candidat, semble de plus en plus condamné à un
sévère échec aux régionales. L e scénario était écrit. Les régionales, pour la droite unie derrière Sarkozy, devaient être une promenade de santé pour une majorité présidentielle qui rêvait de
reconquête en 2010, pour être à l’aise en 2012. « Mobilisation générale », s’époumone aujourd’hui le Premier ministre, François Fillon, tête de turc désignée pour une droite sarkozyste en
capilotade : le meeting national prévu dimanche prochain à Paris vient d’être annulé.
Difficile de départager le PS et l’UMP 30 % ? 31 % ? Selon
le sondage TNS-Sofres Logica publié hier. Les listes UMP arriveraient en tête des intentions de vote au premier tour avec 30 % des voix, devant celles du PS (28 %), le rapport des forces étant de
ce point de vue inchangé par rapport au mois précédent. Si l’on ajoute à l’UMP le score des listes diverses droites, le parti présidentiel atteindrait 31 %. Parallèlement, les intentions de vote
PS, additionnées aux listes divers gauche (comme celle de Georges Frêche en Languedoc-Roussillon ou celle de Paul Giaccobi en Corse), seraient en hausse de deux points (30 %). Les Verts (Europe
Écologie) sont à 12 % (– 1), le FN à 8 % (– 0,5), le front de gauche à 7%
(+1), le Modem stable à 4 %, le NPA à 1,5 % (– 2).
1 Fonds publics : changer les critères
Le chômage continue d’augmenter en France, les plans de licenciement se succèdent, et pourtant, les entreprises n’ont jamais reçu autant d’aides des pouvoirs publics. L’an dernier, ce sont environ cent milliards qui ont été versés aux entreprises, la plupart du temps sans contrôle ni suivi de leur utilisation. Pis : certains grands groupes pratiquent le chantage à la délocalisation pour bénéficier de fonds publics et n’hésitent pas à licencier pour autant. Compétence centrale des régions, le développement économique, via les aides régionales aux entreprises, pose désormais la question de leur conditionnalité et de leur transparence. Une exigence qui monte dans le débat public et dans les luttes, les salariés y ayant un moyen de reprendre la main sur les décisions des grands groupes et de les responsabiliser socialement et écologiquement. Les régions doivent-elles continuer à abonder les trésoreries d’entreprises parfois florissantes, ou au contraire en faire un outil pour la création d’emplois stables et qualifiés ? Pour le Front de gauche, un fonds régional pour l’emploi et la formation pourrait servir de « levier » pour mobiliser « sélectivement » le crédit bancaire en faveur notamment des PME-PMI qui n’y ont pas accès, les banques préférant continuer à spéculer comme avant la crise.
2 Transports : résister à la libéralisation
Depuis le transfert de la compétence des transports en 2002, les régions ont énormément investi pour les matériels roulants, la tarification, mais aussi dans ce qui n’était pas de leur compétence légale au début : la rénovation des gares, voire l’entretien du réseau. L’amélioration de l’offre a entraîné une forte augmentation du trafic (+ 55 % entre 1997 et 2007). Ce bilan est néanmoins entaché de faiblesses qui peuvent devenir graves pour l’avenir, quand l’État oblige la SNCF à se désengager des TER, quand il supprime des postes de cheminots, liquide l’activité fret… Les élus régionaux doivent faire face en mobilisant les usagers pour obliger la SNCF à respecter ses engagements, et empêcher ainsi l’ouverture de la concurrence des TER. La dégradation de la qualité de service due aux carences de la SNCF laisse une porte ouverte aux partisans de l’ouverture du marché des opérateurs, parmi lesquels on trouve des associations d’usagers, voire des élus régionaux. C’est pour l’avenir de transports régionaux efficaces et accessibles, tout l’enjeu des élections.
3 Logement : conditionner les aides
Si le logement n’est pas directement de leur ressort, les conseils régionaux peuvent intervenir dans ce domaine grâce à la clause générale de compétence. Et, donc, suppléer aux désengagements de l’État. Ainsi en a-t-il été en Île-de-France, lorsque la majorité sortante s’est attelée à la création d’une agence foncière régionale réunissant tous les acteurs du mouvement HLM. Zone particulièrement tendue, l’Île-de-France devait, outre la réhabilitation et la construction, prendre en main le rééquilibrage social et spatial du territoire. Cette agence, conçue comme un levier antispéculation, devait donc acquérir des terrains et favoriser le parc social. Pourtant, les Hauts-de-Seine et les Yvelines, dirigés par la droite, ont refusé de jouer le jeu en créant leurs propres agences foncières aux règles peu contraignantes. Ainsi, en ces terres, la spéculation foncière et une production peu diversifiée de logements peuvent continuer. Se pose alors la question de l’équité territoriale et des contraintes à appliquer pour les départements réfractaires. À ce titre, des sanctions financières pourraient abonder un fonds dédié à la construction régionale et à cette agence foncière. Par ailleurs, le Front de gauche propose de conditionner pour une part les subventions régionales au respect de la loi SRU et à l’objectif de construction de 20 % de logements sociaux.
4 Services publics : défendre et mobiliser
Les conseils régionaux peuvent agir dans une multitude de domaines relevant de leur compétence (santé, culture, formation professionnelle, éducation) ou se situant à leur lisière. Ainsi, dans le domaine de la santé : officiellement restreint à la prévention et à la lutte contre les épidémies, voire au financement d’équipements sanitaires, leur rôle peut être élargi à la défense des hôpitaux menacés de fermeture et du regroupement des services dans les grands centres régionaux, au détriment de l’accès aux soins et de la sécurité des malades. Rien n’interdit aux régions d’exiger de l’État un moratoire sur ces projets ou sur celui de la restructuration en cours de l’AP-HP menée au nom des économies à réaliser sur le système de santé. Rien n’interdit non plus aux régions de jouer un rôle actif dans la mobilisation pour la défense des services publics de proximité menacés par la révision générale des politiques publiques, la défense du mouvement sportif associatif, la défense de l’école publique et laïque en supprimant les aides aux établissements privés, etc.
1 UNE URGENCE SOCIALE
La multiplication des conflits salariaux exprime clairement la volonté des salariés, corroborée par les sondages d’opinion, de tourner une page : celle des politiques, tant patronales que gouvernementales, d’agression multiforme contre les salaires. Depuis des années, tandis que le dividende de l’actionnaire est à la fête, la feuille de paye est à la diète. Rançon des exonérations de charges accordées aux entreprises sur les bas salaires, mais aussi de la multiplication des emplois précaires, les rémunérations se sont tassées vers le bas. Un salarié sur deux doit vivre avec moins de 1 500 euros environ, près de 4 millions perçoivent une rémunération au-dessous du seuil de pauvreté… Signe de l’acuité du problème (même si ce type de réponse tend à le pérenniser), la mise en place du RSA, censé compenser la misère des salaires perçus par de nombreux travailleurs. Donner un vigoureux coup de pouce aux salaires, ce serait donc, d’abord, accorder à des millions d’hommes et de femmes les moyens de vivre décemment. Ce serait aussi répondre à un problème lancinant : la dévalorisation du travail qualifié. « On a une main-d’oeuvre dont le niveau de qualification, en général, s’élève, alors que le salaire ne suit pas », constate un économiste.
2 UN ANTIDOTE À LA CRISE
La primauté accordée aux revenus du capital sur ceux du travail est, on le sait, au coeur de la crise que nous traversons depuis 2008. En sortir implique de renverser ce choix et d’augmenter les revenus salariaux. La demande intérieure reste en effet le moteur numéro un de l’activité économique. La consommation, qui, jusqu’alors, avait relativement bien résisté à la crise, profitant notamment de la faiblesse de l’inflation et de mesures de soutien comme la prime à la casse, ainsi que de l’existence des minima sociaux, donne désormais de sérieux signes de faiblesse (la consommation des ménages a chuté de 2,7 % en janvier, selon l’Insee). Les prix sont repartis à la hausse (+ 1,1% sur un an), la prime à la casse a diminué. La revalorisation des salaires doit prendre le relais. L’annonce de confortables profits en 2009 par une série de grands groupes montre, si besoin était, qu’il n’y a là rien d’irréaliste. Répondre à la demande salariale permettrait aussi de s’attaquer au déficit de la Sécurité sociale, qui s’est considérablement creusé (30 milliards d’euros prévus en 2010) du fait de la baisse des recettes qu’elle tire avant tout des cotisations assises sur les salaires.
3 FAVORABLE À L’EMPLOI
Selon l’antienne du patronat, céder aux revendications salariales reviendrait à favoriser les délocalisations et, en fin de compte, à mettre en péril des emplois.
Faux, rétorque Nasser Mansouri, économiste de la CGT, citant une étude récente de la direction des politiques économiques de Bercy sur la désindustrialisation, qui « montre que les
délocalisations vers les pays à bas salaires n’expliquent que partiellement la perte de l’emploi industriel en France », davantage imputable aux délocalisations vers les pays développés.
« L’argument du coût salarial est donc non pertinent. Les statistiques officielles le confirment : en termes de coût salarial, la France se situe dans la moyenne européenne, alors que,
pour la productivité horaire, on est dans le peloton de tête », note Nasser Manssouri. Plutôt que de « culpabiliser la demande », de bloquer les salaires, pour, prétendument,
éviter d’augmenter les importations, il s’agit d’« accroître le potentiel productif ». Ce qui suppose de remettre en question les choix financiers des entreprises qui consacrent une
plus grande part de la valeur ajoutée aux dividendes qu’aux investissements. « Si on divisait les dividendes par deux, on dégagerait
120 milliards d’euros. De quoi financer les investissements, mais aussi les salaires. »
4 DES LEVIERS POUR AGIR
Alors que le chef de l’État continue de discourir sur la nécessité de rééquilibrer « le partage de la valeur ajoutée », laissant de marbre la patronne du Medef, qui refuse de négocier sur le sujet, le gouvernement, s’il en avait la volonté, aurait les moyens de modifier la donne sur la question salariale. Cette année encore, quelque 30 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales vont être accordées aux entreprises, sans véritable contrepartie. De plus en plus largement critiquées, ces aides pourraient être assorties d’une condition : que des accords, majoritaires, sur l’augmentation des salaires soient signés dans les entreprises bénéficiaires. Outre la revalorisation des traitements des fonctionnaires, le gouvernement dispose, pour le secteur privé, d’un autre puissant levier : le smic, auquel, cette année encore, il a refusé de donner un coup de pouce. Or, d’après une étude de la Dares, les hausses du smic ont des répercussions, directes ou indirectes, sur 35 % des salariés, note l’économiste Antoine Rémond. Toutes les entreprises ne sont certes pas sur le même pied. Changer la politique salariale implique pour les PME de faciliter leur accès au crédit bancaire et de rééquilibrer leurs rapports entre donneurs d’ordre et sous-traitants.
Alors que la transformation de La Poste en société anonyme entrait en vigueur hier, le comité contre la privatisation appelle à poursuivre
l'action, et les grèves de postiers se multiplient
Votez pour L’égalité
REELLE
Que de batailles nous menons ensemble pour obtenir l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. En ce 8 mars 2010, nous serons, à
nouveau dans la rue pour manifester contre les injustices, les inégalités dont sont encore victimes les femmes. Ce 8 mars 2010 n’est pas un 8 mars comme les autres, non seulement, c’est
le centième anniversaire de la journée internationale des droits des Femmes, mais c’est aussi le lancement de nombreuses initiatives dans le cadre de la troisième
marche mondiale. A 15 jours des élections régionales, il est plus que jamais nécessaire de hausser le ton car l’égalité
est un DROIT et non une concession. L’enjeu est simple, OU les valeurs de solidarité, d’égalité, les exigences de services publics, les logiques de coopération sortiront renforcées des
élections, riches de points d’appui plus solides et plus nombreux, OU les politiques de Nicolas Sarkozy et du MEDEF trouveront, au plan régional, de nouveaux relais pour frapper plus vite et
plus rudement. Alors, rassemblons-nous ! En votant massivement pour les listes : « ensemble pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes » vous voterez
pour une gauche combative et rassemblée. Une gauche qui prolonge les batailles que nous menons au quotidien avec les associations féministes, comme celle que nous livrons pour le vote d’une loi
cadre contre les violences faites aux femmes ou celle en faveur du maintien et du développement des centres de contraception et d’IVG. Les
régions peuvent impulser des politiques fortes en matière d’égalité, et ce dans de
nombreux domaines. Ces choix politiques, en rupture avec le libéralisme et le patriarcat, ont été portés par des élu-es qui ont été à l’initiative du Front de Gauche et qui veulent aller plus
loin. Par votre vote, donnez force à des élu-es déterminé-es à résister à la droite, des élu-es qui construisent, avec les habitantes et les habitants, avec les associations, des projets
permettant de vivre mieux au quotidien, des élu-es qui innovent, développent des politiques etdes espaces réellement participatifs, en lien et ancré-es dans les mobilisations
sociales.
Par votre vote-action le 14 mars prochain, vous pouvez changer positivement le paysage politique, en donnant aux femmes des relais de leurs luttes, de leurs aspirations.
La situation des plus fragiles
s’est encore dégradée
L'Observatoire de la pauvreté
et de l'exclusion sociale a rendu public hier un rapport qui dresse le bilan des dix dernières années et s'alarme des conséquences du ralentissement économique. C'est d'abord une inquiétude
qu'exprime l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (Onpes qui a rendu hier son rapport annuel en présence des ministres Martin Hirsch et Benoist Apparu : « La crise
économique actuelle risque d'avoir un impact sur les ménages pauvres. » S'appuyant sur des études réalisées par d'autres organismes, comme l'Observatoire français des conjonctures économiques,
centre de recherche sur l'économie lié à Science-Po, l'Onpes estime qu'entre 2007 et 2010, le nombre de personnes ayant nouvellement atteint le seuil de pauvreté pourrait être de 240 000, soit
une augmentation de 0,3 point. Pour analyser les conséquences immédiates de la crise, l'organisme manquait en revanche de chiffres précis, les statistiques en matière de pauvreté « étant
produites avec un décalage d'un ou deux ans », a expliqué sa présidente, Agnès de Fleurieu. L'Onpes a donc fait preuve de créativité méthodologique et a relevé un certain nombre d'indicateurs
crédibles de l'augmentation de la pauvreté. Parmi les signes de la dégradation de la situation, il a relevé l'augmentation de 15 %, en 2009, du nombre de dossiers de surendettement, ainsi que la
part croissante des revenus des ménages les plus pauvres consacrée au logement. Le dialogue mené avec les organisations caritatives a lui aussi fait ressortir
une augmentation importante de la demande, notamment à partir de la fin 2008. Au Secours
populaire, par exemple, le nombre de nouveaux arrivants a augmenté de 24 % entre janvier et juin 2009. Autre indicateur en forte hausse : la peur de la pauvreté. Ainsi, selon une enquête réalisée
début 2009, « la moitié des personnes interrogées ont déclaré croire à une détérioration prochaine de leurs conditions de vie personnelles, soit le niveau le plus élevé depuis 1979 ».
l'emploi ne préserve plus de la pauvreté
La dégradation de l'emploi est le premier facteur qui explique cette tendance à l'accroissement de la pauvreté. En plus de la montée du chômage et de l'augmentation importante du nombre de sans- emploi en fin de droits (lire ci-dessous), l'Onpes constate que « de nombreuses entreprises, encouragées par les aides de l'état, se sont efforcées de faire face à la baisse de la demande par une diminution du nombre d'heures travaillées ou par un recours accentué au chômage partiel ». La décision, en 2009, de réduire la durée d'indemnisation du chômage est aussi mise en cause.
L'ensemble de ces mesures s'est traduit par une baisse de revenu et par une fragilisation accrue des ménages. Or, la hausse du chômage a touché de plein
fouet les plus précaires : les jeunes, chez qui le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 5 % entre 2008 et la première moitié de 2009, mais aussi les travailleurs non qualifiés et
temporaires. En touchant ainsi les plus vulnérables, la situation de l'emploi pour ces catégories « risque de devenir irréversible », prévient Agnès de Fleurieu. Ce constat est d'autant plus
alarmant que certains indicateurs s'étaient déjà
aggravés durant les dix dernières années. Ainsi, si le taux de pauvreté monétaire, qui concerne les personnes vivant avec des revenus inférieurs à 60 % du revenu médian (soit
moins de 908 euros par mois), est resté stable, l'indicateur mesurant le nombre de personnes très pauvres avait, lui, augmenté entre 1998 et 2005. Un des facteurs les plus inquiétants de la
période avait été l'explosion du nombre de travailleurs pauvres, dont l'emploi ne préserve plus de la pauvreté. Leur nombre a atteint, en 2007, 1,7 million d'individus, soit 6,7 % des
salariés. Pour l'avenir, Agnès de Fleurieu a appelé à affiner les indicateurs, mais aussi à creuser davantage la question des inégalités. Comme un pied de nez à un gouvernement qui
multiplie les décisions tous azimuts, elle a aussi rappelé l'importance, « de mesurer a priori l'impact de ces mesures sur l'ensemble de la société, et notamment sur les plus
pauvres ».
À dix-neuf jours du
premier tour des élections, la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, livre son sentiment sur la campagne et l’utilité concrète que peut avoir le vote pour le Front de gauche pour
faire reculer la droite dans le pays.
Marie-George Buffet. La profonde colère et l’exaspération que nous ressentons contre la politique de Nicolas Sarkozy peuvent effectivement s’exprimer par une poussée de la gauche et le basculement de nouvelles régions. Mais aujourd’hui, la question qui demeure est : cette victoire de la gauche, on la veut, mais pour quelle efficacité dans les régions, pour quelles solutions pour notre pays ? Il faut défaire la droite, mais pour réduire vraiment sa capacité de nuire, cette victoire doit reposer sur une gauche de combat, qui se dote d’élus porteurs des grandes réformes fondamentales dont le pays a besoin pour sortir des logiques libérales. Le bon sujet des trois semaines de débat qu’il nous reste est donc : quel contenu donner à une victoire de la gauche ? C’est tout le sens de l’existence des listes du Front de gauche.
Est-il encore possible de bousculer le débat électoral, qui ne semble guère passionner les Français ?
Marie-George Buffet. Le débat se focalise sur des petites phrases qui occupent les médias.
Nous, nous mettons en débat les questions qui touchent à la vie
quotidienne. Par exemple, sur les retraites, la droite tend un piège aux Français en leur demandant, de façon biaisée, s’ils seraient d’accord pour travailler plus afin d’avoir une meilleure
retraite. Or, la plupart n’atteindront pas le nombre requis d’annuités pour une retraite complète. Des propositions alternatives existent, elles reposent sur trois piliers : la fin des
exonérations de cotisations pour les employeurs, la mise à contribution des revenus financiers et la création d’emplois qualifiés. Sur ce volet de l’emploi, la gauche peut agir dans les
régions : va-t-elle mettre partout en œuvre des fonds régionaux pour l’emploi et la formation, conditionnés à des critères sociaux, environnementaux et d’égalité professionnelle ?
Va-t-elle faire monter l’exigence d’un pôle public bancaire, pour réorienter l’argent du crédit vers l’emploi ? Au travers de cette exigence, la gauche serait utile tout de suite et elle
donnerait à voir ce qu’elle pourrait faire si elle était en responsabilité nationale.
On peut décliner d’autres exemples. Les
régions de gauche seront-elles debout pour défendre le service public des transports en appelant à la mobilisation contre l’introduction de la concurrence et du privé ? Ou bien se
plieront-elles aux diktats de l’État pour réduire le nombre de fonctionnaires, en laissant disparaître des missions utiles aux populations ? La victoire de la gauche ne peut se réduire à
l’alternance ; le sens du vote pour le Front de gauche, c’est de donner à voir une exigence d’ambition pour les régions, une exigence de courage dans le combat contre la politique nationale
de la droite.
Ces élections régionales peuvent-elles vraiment servir à infléchir la politique de la droite, alors que tout le monde redoute un nouveau « tour de vis » social après le scrutin ?
Marie-George Buffet. Oui, ces élections peuvent être un point d’appui pour les luttes. Je pense aux salariés de Sanofi, que nous soutenons avec Pierre Laurent en Île-de-France contre les restructurations du groupe. Je pense aussi aux agents de la Jeunesse et des Sports, en lutte contre la révision générale des politiques publiques. Et j’étais, samedi, avec Dominique Bucchini, notre tête de liste en Corse, qui me disait la souffrance des salariés de Pôle emploi à Ajaccio après la tentative de suicide pour harcèlement d’un de leurs collègues. Dans toute l’Europe, les gouvernements s’apprêtent à faire les fonds de poche des peuples pour laisser le champ libre à ceux qui s’enrichissent. En 2009, en France, les actionnaires ont touché 35 milliards malgré la crise, mais la bande du Fouquet’s s’apprête à serrer encore la ceinture à ceux qui vivent de leur travail. Si c’est la simple continuité dans les politiques régionales qui l’emporte, le gouvernement ne sera pas trop dérangé. La droite peut voir sa politique contrariée si les élus des listes, porteuses d’une vraie politique de gauche, peuvent s’appuyer sur de bons résultats électoraux pour tenir une position de résistance et d’innovation. Sinon, Nicolas Sarkozy évitera l’orage et tentera d’imposer ces réformes régressives tout au long du mandat.
Si le Front de gauche fait un bon score, quelle en sera la signification ?
Marie-George Buffet. Cela voudra dire que notre peuple relève la tête et qu’il rejette le fatalisme auquel on voudrait le cantonner ; qu’une perspective et un espoir se lèvent en politique pour changer les choses. Si le Front de gauche crée la surprise au premier tour, cela signifiera que les digues du libéralisme peuvent céder.
Quel contenu porterez-vous dans le rassemblement entre les deux tours pour que l’acquis du 14 mars ne se dilue pas au soir du 21 ?
Marie-George Buffet. Il faudra veiller à ce que le rassemblement pour battre la droite se fasse sur les contenus les plus élevés possible. Et, au-delà, ce qui importe est que les élus du Front de gauche continuent à porter leurs propositions et à se battre pour les mettre en œuvre durant tout le mandat. Et ils les porteront avec d’autant plus de détermination qu’ils pourront s’appuyer sur le maximum de voix au premier tour.
Retraite : les Français prêts à se mobiliser
Dans la rue pour le pouvoir
d'achat Revalorisation minimale des pensions, envolée des dépenses Sept syndicats de retraités appellent à manifester demain. Ils revendiquent la fixation du minimum de retraite au niveau du
smic. « Le pouvoir d'achat a continué à progresser pendant la crise », déclarait Nicolas Sarkozy lors de ses vœux à la nation. Faux, crieront, demain, les retraités en participant à des
manifestations dans la plupart des départements, à l'appel de leurs sept syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, Unsa, FGR-FP). Pour la région parisienne, ils sont invités à se rassembler devant
l'Assemblée nationale, à 14 heures, où des retraités témoigneront de leurs conditions de vie. Les chiffres sont édifiants. Alors que, en 2009, la revalorisation des pensions versées par le
régime général a été limitée à 0,75 %, et que l'on parle d'une hausse de 1,2 % pour 2010, de nombreuses dépenses contraintes se sont envolées, et ne sont
pas prises en compt
|
Rassemblement devant la préfecture de Nîmes Mercredi 24 février 2010 à 15 heures |
sur les 14 millions de retraités, 4 millions perçoivent le minimum contributif (un peu moins de 600 euros),
agrémenté d'une retraite complémentaire qui avoisine les 100 euros mensuels. Les syndicats, unis, réclament « la fixation du minimum de retraite au niveau du smic ». La CGT y ajoute la
revendication d'une augmentation immédiate d'au moins 300 euros, en guise de rattrapage pour le pouvoir d'achat perdu ces dernières années. « Les retraités ne sont pas un coût, ils sont un
moteur du développement de la société », proclame le syndicat. Mais la mobilisation de mercredi vise aussi à soutenir la demande de « solutions concrètes et rapides pour remédier aux
difficultés issues des désengagements de la Sécurité sociale et aux difficultés d'accès aux soins pour tous ». Elle exprimera enfin l'inquiétude des retraités au sujet des projets
gouvernementaux concernant la prise en charge de la perte d'autonomie, prévoyant notamment le recours aux assurances privées et la récupération des prestations sur successions.
CDH
L'HUMANITÉ du
DIMANCHE
Un journal à vos
côté
|
43, boulevard de Magenta 75010 Paris - TEL : 01 53 38 99 99 - FAX : 01 40 40 90 98 - E MAIL : abujamal@free.fr
La Cour Suprême
des Etats-Unis renvoie
l’affaire
Mumia Abu-Jamal
devant la Justice
Fédérale de Pennsylvanie
Par arrêt du 19 janvier, la plus haute juridiction des Etats-Unis renvoie le dossier de Mumia Abu-Jamal devant la Cour d’Appel Fédérale de Pennsylvanie en lui signifiant expressément de réexaminer sa décision « à la lumière » de l’arrêt rendu la semaine dernière dans une affaire similaire (Spisak / Ohio). Dans cette affaire, la Cour Suprême a confirmé la condamnation à mort.
Autrement dit, la Cour Suprême demande à la justice de Pennsylvanie de « faire le sale boulot à sa place » : donner le feu vert à l’exécution ! Rappelons que la Cour d’Appel Fédérale s’était prononcée pour la sélection d’un nouveau jury qui aurait à statuer sur la sentence uniquement (peine de mort ou perpétuité) en considération des instructions volontairement erronées données aux jurés lors du procès de 1982 qui avaient conduit ces derniers à prononcer la peine capitale.
« Au regard de l’arrêt rendu dans l’affaire Spisak, cette décision de la Cour Suprême n’est pas une surprise. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle, au sens où nous le redoutions. J’irai plaider contre la peine de mort car, bien que similaire, le cas Mumia est différent tant sur la forme que dans les faits » a déclaré Maître Robert R. Bryan. Soulignant l’acharnement du Ministère Public de Pennsylvanie à l’origine de ce recours auprès de la Cour suprême, l’avocat principal de Mumia Abu-Jamal a tenu à rappeler l’importance et l’urgence de donner sa pleine dimension à la campagne pour sauver son client. A cet effet, un nouvel appel international à l’interpellation de Barack Obama a été lancé par plusieurs personnalités : Danielle Mitterrand (France), Günter Grass (Allemagne) prix Nobel de littérature, Mgr Desmond Tutu (Afrique du Sud), Fatima Bhutto (Pakistan) écrivain, Noam Chomsky (Etats-Unis) philosophe, Ed Asner (acteur), Mike Farrell (acteur), Michael Radford (réalisateur - Oscar du meilleur film pour Il Postino / Le Facteur).
Signez et faites signer le plus largement possible cet appel, en cliquant sur ce lien : http://www.PetitionOnline.com/Mumialaw/petition.html
Le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal appelle les organisations, les collectivités, et plus généralement tous ceux et toutes celles qui veulent sauver Mumia, à faire connaître la gravité de la situation judiciaire à laquelle il est toujours exposée et à s’inscrire dans la campagne d’interpellation de Barack Obama.
Le Collectif Unitaire National (80 organisations françaises), entend donner un retentissement international à l’affaire Mumia à l’occasion du prochain congrès contre la peine de mort qui se déroulera fin février 2010 à Genève (Suisse).
Paris, le 20 janvier 2010
POUR LA LIBERATION DE MUMIA ABU-JAMAL
Rassemblement hebdomadaire le mercredi de 18h à 20h
face au Consulat des Etats-Unis – Place de La Concorde à Paris.