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Vistrenque
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OMC . La baisse des droits de douane agricoles, au coeur des discussions de Genève, menace la souveraineté alimentaire des peuples et le développement
durable dont la planète a besoin.
Il se dit, depuis deux jours, dans les coulisses de la négociation de l’OMC, que seuls Pascal Lamy et Peter Mandelson ont la ferme volonté d’aboutir à un accord au terme de la discussion qui s’est engagée depuis lundi à Genève. Chacun à sa place, leur motivation commune pour y parvenir serait, murmure-t-on, autant portée par le narcissisme que par des convictions idéologiques en faveur de l’ultralibéralisme. À cela une raison. Le premier devra quitter la direction de l’OMC en 2009 et veut conclure sur un accord sans trop se préoccuper du contenu. Le second est motivé par la même ambition, n’ayant pas l’intention de rempiler pour cinq ans à la Commission européenne.
Faire échouer le cycle de Doha
Pascal Lamy et Peter Mandelson reprennent les arguments développés en leur temps par les économistes anglais Adam Smith et David Ricardo. Outre-Manche, ces deux-là étaient les contemporains de nos rois Louis XV et Louis XVI. Autant dire que leurs théories économiques datent un peu. La planète comptait moins d’un milliard d’habitants quand Adam Smith théorisait sur la capacité de « la main invisible du marché » à réguler toute l’économie au profit de tous. Un peu plus tard, fortune faite dans la spéculation sur les armes de guerre, Ricardo devint un économiste autoproclamé après avoir lu… Adam Smith. Il s’est ensuite rendu célèbre en conceptualisant la théorie des avantages comparatifs, fondée sur le pillage des matières premières les plus faciles à extraire, sur la culture des terres les plus fertiles, sur l’exploitation de la main-d’oeuvre la plus habile des débuts de la société industrielle. Une telle orientation ne saurait convenir aujourd’hui pour gérer une planète qui va compter 9 milliards d’habitants dans moins de cinquante ans alors qu’elle est gravement menacée par le réchauffement climatique. C’est pourtant l’orientation défendue par Lamy, Mandelson et consorts.
Elle a été utilisée dans les précédents cycles de libéralisation du commerce. Pour l’Europe cela s’est traduit par une vague sans précédent de délocalisations de productions industrielles et de services, notamment depuis la fin du cycle de l’Uruguay Round, en 1994. Avec une disqualification, une précarisation et un taux de chômage sans précédent pour une frange toujours plus importante des salariés des pays développés. Ces délocalisations ont également engendré une exploitation particulièrement brutale des nouvelles classes ouvrières et des nouvelles couches salariales des pays émergents. Avec, en plus, une externalisation des émissions de gaz à effet de serre imputable à la consommation des pays riches dans l’aire de production des pays en développement.
bombes à retardement
Le 8 juillet, au Japon, les chefs des États membres du G8 ont planté chacun son arbuste après avoir promis de réduire de 50 % d’ici à 2050 les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais ils n’ont pas pris le moindre engagement à court terme. Au contraire. Ils ont promis de tout faire pour donner un nouveau coup d’accélérateur à la libéralisation des échanges commerciaux à l’occasion de la réunion programmée, cette semaine, au siège de l’OMC. En affirmant, contre toute évidence, que c’est la meilleure manière d’augmenter la production agricole.
Or un succès de la négociation de Genève sur les bases actuelles aboutirait à truffer la planète de bombes à retardement, destructrices pour la production alimentaire des prochaines décennies et au-delà. Car les principaux négociateurs genevois veulent faire reposer l’essentiel de la production agricole mondiale sur quelques pays bien pourvus en terres fertiles. En faisant reculer, via une concurrence exacerbée, la souveraineté alimentaire dans les nombreux pays moins bien servis par la nature. On prendra ainsi le risque d’affamer des populations entières, chaque fois qu’une pénurie de denrées ou une spéculation sur une matière première agricole fera flamber les cours. On risquera aussi d’accroître la concurrence entre la production de nour-
riture et d’agrocarburants quand « la main invisible du marché », pilotée par les prix, orientera le blé et le maïs vers les réservoirs des voitures plutôt que vers les assiettes des humains.
prendre en compte d’autres critères
L’Union européenne compte aujourd’hui 27 pays membres et doit nourrir quotidiennement 500 millions de bouches. Elle est déjà déficitaire en céréales, en oléagineux, en viandes et en fruits et légumes. En réduisant de nouveau ses tarifs douaniers et ses soutiens internes, elle le sera davantage demain. Dans le même temps, chaque hectare de moins cultivé en Europe, en Afrique et dans d’autres contrées peu fertiles favorisera, par un système de vases communicants, l’accélération de la déforestation dans d’autres pays pour augmenter la production d’oléagineux, de céréales, de viande, d’huile ou d’agrocarburants pour l’exportation. Pourtant, hormis peut-être les planteurs d’arbres du G8, nul n’ignore aujourd’hui que les déforestations massives modifient le climat, participent au réchauffement de la planète et rendent les récoltes beaucoup plus aléatoires.
Étude . 7,9 millions
de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit 13,2 % de la population, selon l’enquête de l’INSEE. Les chômeurs ont un niveau de vie inférieur de 35 % à celui des actifs.
Depuis 2002, la pauvreté ne recule plus en France, selon la dernière livraison de l’enquête INSEE sur les revenus, portant sur 2006. Cette année-là, 7,9 millions de personnes, soit 13,2 % de la population, vivaient en France métropolitaine sous un seuil de pauvreté correspondant à 880 euros par mois. Selon la norme européenne, le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du niveau de vie médian de la population (1 470 euros par mois) (1). Ce taux est resté globalement stable depuis 2002, après une décrue - modeste - d’un point entre 1996 et 2002. L’INSEE note même une « intensification » de la pauvreté : le niveau de vie médian de la population pauvre (720 euros par mois en 2006) s’écarte depuis 2002 du seuil de pauvreté. En d’autres termes, les pauvres ne sont pas plus nombreux, mais ils sont de plus en plus pauvres.
les familles monoparentales les plus touchées
Sans analyser les causes de la pauvreté, l’INSEE note qu’elle touche plus les familles monoparentales. En 2006, « 30,3 % des personnes vivant au sein d’une famille monoparentale sont confrontées à la pauvreté, soit 2,3 fois plus que dans l’ensemble de la population », souligne l’étude. Cette situation concerne 1,6 million de personnes, et dans 91 % des cas, il s’agit d’une mère seule avec ses enfants. Ces femmes sont 35 % seulement à avoir un emploi. Le taux de pauvreté est également élevé (20 %) dans les familles comptant trois enfants ou plus. Du point de vue géographique, la pauvreté est plus prégnante dans les villes de plus de 20 000 habitants, avec un taux de 15 %, contre 12 % dans les communes rurales. Paris est une exception, avec un taux de 10 % de pauvres.
L’INSEE n’explore pas le lien entre chômage et pauvreté, mais il apparaît clairement dans les données sur les niveaux de vie. Ainsi, « le niveau de vie moyen d’un chômeur est inférieur de 35 % à celui d’un actif qui a un emploi », notent les auteurs de l’étude. En moyenne, les chômeurs vivent avec 1 220 euros par mois, contre 1 869 pour un actif en emploi. En revanche, les retraités ont un niveau de vie comparable à celui des actifs, les revenus du patrimoine venant compenser l’écart des retraites avec les salaires. Les jeunes de moins de 25 ans, plus touchés par la pauvreté, ont un niveau de vie plus faible que le reste de la population. « S’ils vivent seuls, ces jeunes forment des ménages à faibles revenus en raison de difficultés d’insertion sur le marché du travail ou de salaires moins élevés perçus en début de carrière ; s’ils vivent chez leurs parents, ils réduisent le niveau de vie du ménage car ils n’apportent que peu voire pas du tout de revenus en représentant 0,3 ou 0,5 unité de consommation », détaille l’INSEE.
les familles plus riches se sont enrichies
À l’autre bout de l’échelle, les plus riches se sont enrichis. Alors que le niveau de vie médian de la population a progressé de 1,7 % par rapport à 2005, le niveau de vie des 10 % de la population les plus aisés, qui ont un revenu supérieur à 2 765 euros par mois, a augmenté de 2,9 %. Ces personnes ont bénéficié notamment de la baisse de l’impôt sur le revenu, puisque les impôts ont représenté, en 2006, 18,8 % de leur revenu disponible, contre 20,3 % en 2005.
Les 20 % les plus riches de la population disposent de près de 40 % des revenus totaux en France, tandis que les 20 % les plus pauvres s’en partagent 9 %.
(1) Le niveau de vie médian n’est pas une moyenne mais le niveau qui sépare en deux la population : la moitié des Français vivent au-dessus, l’autre en dessous.
La base aéronavale de Nîmes-Garons fixe sur sort aujourd‘hui
Elle
était attendue avec impatience par les élus de tous poils, les militaires et le personnel civils de la BAN. La nouvelle carte militaire, qui doit être rendue publique aujourd'hui, donne des
sueurs froides à tous depuis des mois.
Il faut dire que la réorganisation concoctée par Hervé Morin, le ministre de la Défense, va entraîner la fermeture ou le déplacement de dizaines de casernes et installations militaires, ainsi
qu'une réduction des effectifs de 54 000 personnes sur les six ou sept ans à venir. En France, quelque 450 communes comptent aujourd'hui une implantation liée à la Défense. Une trentaine d'entre
elles se retrouveront privées de toute présence militaire.
La base aéronavale de Nîmes-Garons. Forte d'un effectif de 1 460 personnes dont 220 civils, sera fixer sur sort aujourd’hui.
Le premier Ministre n'entend pas user que du bâton. Il annoncera ce matin le déblocage d'une enveloppe de 320 M€ et une pléiade de mesures d'accompagnement, tant pour les civils que pour les
militaires. Histoire de faire passer la pilule.
Réforme des 35 heures
Temps de travail, les cadres sont fixés
Manifestation de cadres, hier à Paris, contre la
réforme des 35 heures. Le Parlement a définitivement adopté hier soir, par un ultime vote du Sénat, le projet de loi sur la rénovation de la démocratie sociale, dont le volet réforme du temps de
travail vise à tourner la page des 35 heures et concernera tout particulièrement les cadres.
La loi sur «la démocratie sociale et la réforme du temps de travail» définitivement adoptée par le Parlement. Le texte pourra s’appliquer dès le mois de septembre.
Cette loi comprend deux parties distinctes. La première reprend la «position commune» signée par la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME. Elle va, d’ici à 2012, modifier en profondeur les règles de représentativité, et donc le paysage syndical. La seconde partie, le gouvernement ne s’en est jamais caché, vise à «démanteler les 35 heures».
«Nous sortons enfin des 35 heures», claironnait ainsi mardi soir le ministre du Travail, Xavier Bertrand, après le vote par le Sénat. Pourtant, la durée légale du travail inscrite dans le code du travail, ne change pas. Elle reste fixée à 35 heures par semaine. Toutes les heures effectuées au-delà sont considérées comme heures supplémentaires, et donc majorées d’au moins 25 %.
Mais la loi change plusieurs choses importantes qui font de cette durée légale une simple référence avec laquelle l’employeur va pouvoir jouer avec plus ou moins de facilité. Ces nouvelles règles peuvent même conduire à la suppression pure et simple des journées de récupération au titre de la réduction du temps de travail (RTT) auxquelles les cadres sont particulièrement attachés.
35 heures = 218 jours
Pour un cadre ou un salarié disposant d’une réelle autonomie dans son organisation, la durée quotidienne du travail ne peut être mesurée. Elle est donc calculée en «forfait jours» et, en tenant compte des samedis et dimanches, des congés payés, des jours fériés et des lois Aubry et Fillon sur la réduction du temps de travail, le code du travail estime que 35 heures hebdomadaires pour un non-cadre équivalent à 218 jours de travail par an pour un cadre «au forfait». Sur ce point, rien n’est changé.
Les accords actuels restent en vigueur
Quand il existe une convention d’entreprise ou de branche fixant les modalités d’application des 35 heures, celle-ci continue à s’appliquer. Rien ne changera donc pour les salariés couverts par un tel accord. A moins que l’employeur ou l’organisation patronale ne le dénonce.
L’accord prévaut sur la loi
C’est la grande nouveauté de ce texte, et elle inquiète au plus haut point les syndicats : un accord d’entreprise, s’il est signé par des syndicats représentant 30 % au moins des salariés et sans qu’il y ait opposition de ceux qui représentent 50 % ou plus, pourra déroger à la loi. La durée annuelle pourra atteindre 2 012 heures : 1 607 heures de durée légale et 405 heures supplémentaires. L’autorisation de l’inspection du travail ne sera plus nécessaire pour effectuer des heures supplémentaires au-delà du contingent légal. La seule limite est la norme européenne de 48 heures hebdomadaires maximum. Bien sûr, elles devront être payées avec une majoration de 25 % ou de 50 % (10% pour les forfaits jours des cadres). Mais les repos compensateurs ne seront plus systématiques.
Jusqu’à 282 jours pour les cadres
Pour les cadres, la durée maximale théorique est fixée à 282 jours, norme européenne appliquant simplement les repos hebdomadaires et les congés. Il est peu vraisemblable qu’un accord d’entreprise retienne ce chiffre, mais en principe rien ne l’interdit. Ce que craignent plutôt les syndicats, c’est que les employeurs dénoncent les accords actuels, qui en général prévoient des durées annualisées comprises entre 207 et 215 jours, et qu’ils tentent de les renégocier sur la base de 218 jours. Dans ce cas, les compensations pour les cadres risquent d’être minimes, puisque c’est seulement au-delà de 218 jours que s’applique la majoration obligatoire de 10 %. Rien n’interdit à un accord d’entreprise ou de branche de fixer une durée du travail pour les cadres comprise entre 218 et 282 jours, même s’il est en réalité improbable que des syndicats acceptent de signer de tels accords, sauf en cas de chantage à l’emploi. Dans les grandes entreprises, les DRH hésiteront à provoquer un conflit social pour faire travailler leurs cadres quelques jours de plus. Les difficultés de recrutement, de plus en plus fortes chez les cadres, devraient aussi les inciter à la prudence.
Sans accord : 235 jours maxi
Dans les entreprises où n’existe pas d’accord, la nouvelle loi a fixé à 235 le nombre maximum de jours travaillés pour les cadres. Un chiffre qui correspond à cinq jours de travail par semaine, cinq semaines de congés et un seul jour férié : le 1er mai. Pour les syndicats, il s’agit d’un retour de trente ans en arrière et la porte ouverte à un «dumping social» généralisé. Dans les petites entreprises, où bien souvent n’existent pas de syndicats, la tentation sera forte pour les employeurs de considérer que la notion même de RTT n’existe plus : avec une limite à 235 jours, ils peuvent même les obliger à travailler le jour de Noël, le 1er de l’an, le 14 juillet et le 15 août.
Négociation de gré à gré
Autre nouveauté, l’employeur pourra négocier individuellement avec chacun de ses salariés. Chaque année, il pourra passer un accord écrit fixant avec tel ou tel cadre par exemple un nombre de jours supérieur à celui fixé par la convention collective, quand il en existe une. Cet accord précisera les compensations pour le salarié. Mais, comme elles seront négociées de gré à gré, le rapport de force risque d’être favorable à l’employeur. Pour les syndicats, cette possibilité de négocier de gré à gré ouvre la voie au système de l’opting out britannique, qui permet à un salarié de choisir de travailler davantage sans que s’appliquent les règles de droit commun.
Délai de prévenance : 7 jours
C’est à peu près le seul point sur lequel le gouvernement a accepté de tenir compte de l’avis de syndicats. Ceux-ci avaient fait observer que dans des accords d’annualisation du temps de travail, qui prévoient souvent des cycles saisonniers et donc des changements de rythme de travail, une des mesures les plus dommageables pour les salariés était les changements d’horaire inopinés. La loi prévoit qu’à défaut d’accord précisant la durée de ce «délai de prévenance», celui-ci est fixé, par défaut à sept jours.
Mme Boutin, Ministre du logement et de la ville, présentera lundi 28 juillet son projet de loi dit « Plan d’actions pour l’accès au
logement ».
Ce projet autoritaire est loin de répondre aux enjeux de la crise du logement que connait notre pays. Autoritaire à l’égard des bailleurs comme des locataires, autoritaire également à l’égard des collectivités locales qui voient leur rôle une fois de plus restrei
Face aux besoins immenses en matière de logement, Mme Boutin fait primer la rentabilité du secteur privé sur l’intérêt général. Elle veut imposer un nouveau désengagement de l’Etat. Ainsi le budget du logement sera réduit de 6,9% en 2009. De surcroit, aucune disposition n’est formulée en faveur du pouvoir d’achat des locataires du privé comme du public pour limiter la hausse des loyers.
Un projet de loi dur à l’égard du secteur public du logement mais toujours plus attentionné pour le secteur privé de l’immobilier. Aucune leçon n’est tirée de la crise des « subprimes », hors du culte ultra-libéral du « tous propriétaires », point de salut.
C’est la condamnation à court terme de la mixité sociale. Au nom de la mobilité dans le parc de logements, c’est le développement de la précarité locative pour les locataires solvables au travers de la baisse des plafonds de ressources et des contrats à durée limitée de trois ans non renouvelable, les surloyers pour les familles les moins en difficultés.
La chasse à la sous-occupation sans tenir compte des histoires humaines, la réduction du délai d’expulsion à un an sans tenir compte de l’inadaptation de la construction de logements sociaux ou encore la disparition du droit au maintien dans les lieux font de ce projet un travail de destruction du secteur public du logement social dépourvu d’efficacité et d’humanité.
Pire, la mobilisation des fonds de l’ANRY, de Anah, du 1%, du FISAC, de l’EPARECA en faveur de 100 à 150 quartiers de 100 communes oppose la requalification des quartiers anciens dégradés aux projets actuels qui manquent déjà tant de moyens.
En 2006, la présence de l’Abbé Pierre dans l’hémicycle avait fait reculer les députés les plus libéraux. Qu’en sera-t-il en décembre prochain, lors du vote de la loi ? Alors qu’il faudrait porter à 30% la part de logement sociaux, dans toutes les villes, c’est l’article 55 de la loi SRU qui est directement menacé d’extinction. Ainsi l’accession sociale à la propriété sera comptabilisée afin d’éviter les amendes aux maires récalcitrants tout en leur premettant de s’exonérer de construire des logements sociaux.
La mobilisation doit s’organiser et grandir d’ici à décembre. C’est dans cet esprit que le PCF compte co-organiser avec toutes les forces et acteurs du logement public la prochaine édition des Etats Généraux du logement et de la ville le 8 novembre prochain à Paris. C’est dans ce cadre que nous souhaitons le plus largement possible continuer de porter l’exigence de la création d’un grand service public du logement et de la ville décentralisé et un budget national à la hauteur des enjeux actuels.
Parti communiste français
Fichage. Un
collectif réclame la suppression de ce fichier qui veut recenser, dès treize ans, les personnes « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ».
Elles sont trente-trois organisations : syndicats d’enseignants, de magistrats, d’avocats, confédération de parents d’élèves, associations de défense des droits, etc. Le 17 juillet, sous le nom de Collectif non à Edvige, elles ont mis en ligne une pétition (1) afin de dénoncer la création du fichier du même nom (Edvige pour exploitation documentaire et valorisation de l’information générale), via un décret du 27 juin 2008. À ce jour, près de 20 000 personnes et de 200 organisations ont déjà signé cet appel « pour obtenir l’abandon » de ce nouveau type de fichage.
Au coeur de la polémique, ses atteintes outrancières à la vie privée. De fait, Edvige contiendra des « données à caractère personnel » sur des « personnes physiques âgées de treize ans et plus ». Il pourra collecter des informations sur des « individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public », mais aussi concernant des individus « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ». Outre l’ensemble des informations concernant l’individu, le fichier pourra contenir des données relatives à son entourage (lire l’Humanité du 3 juillet). Autant d’éléments qui suscitent des réactions en chaîne. Pour les plus récentes, vendredi dernier, la Confédération nationale du logement a dénoncé le caractère « inadmissible » d’une telle pratique, « d’autant plus scandaleuse » qu’elle « entérine un principe d’anticipation des délits, basé sur de pures suppositions (…). Comment, demain, continuer de défendre des locataires menacés d’expulsion en s’opposant à la force publique, de manifester pour le droit au logement, alors que planera, sur les militants, la menace d’un fichage systématique ? ».
Le même jour, Gaylib, l’association représentant les homosexuels de l’UMP, réclamait la « suspension » du nouveau fichier où pourraient être enregistrées des données sur l’état de santé ou l’orientation sexuelle des individus. Si Gaylib « reconnaît que les fichiers de police et de gendarmerie revêtent une importance capitale dans la prévention et la lutte contre la criminalité », elle « regrette » la mise en place d’Edvige « sans qu’il soit explicité en quoi des données sur l’orientation sexuelle ou l’état de santé d’un individu » peuvent être utiles à « l’information du gouvernement » ou à « la prévention des troubles à l’ordre public », qui sont des « concepts mal définis ». La veille, Force ouvrière avait dénoncé en Edvige une « brèche dans le principe républicain de la présomption d’innocence ». FO déplorait également une « nouvelle atteinte aux libertés individuelles des citoyens actifs et de leurs proches. (…) Après le logiciel Ardoise, qui avait finalement été retiré par le ministère de l’Intérieur (en avril - NDLR), voici que le gouvernement revient à la charge ».
(1) http://www.nonaedvige.
Le 14 février 2006, Marie-George Buffet était venue soutenir les salariés polonais de la centrale EDF de Porcheville (Yvelines) qui luttait avec la Cgt, pour la reconnaissance de leur droit sociaux.
Deux jours plus tard, les députés PSE et PPE du Parlement Européen avaient votés en première lecture la directive Bolkestein.
Le Conseil de Prud’hommes de Mantes-La-Jolie a
rendu, le 17 juillet dernier, un jugement au sujet de la situation d’un salarié polonais employé à la centrale Termique de Procheville. Zbigniew Saganski, un salariés polonais avait introduit
un recours sur lequel, le Conseil de Prud’hommes de Mantes la jolie a rendu un jugement extrêmement important. En premier lieu, il donne droit aux demandes de rattrapage de salaires, congés
payés, heures supplémentaires et de repos compensateurs à hauteur de plus de 4500 euros. De plus, il reconnaît que l’entreprise a sanctionné le salarié par un rappatriement brutal en raison de
son activité syndicale et condamne l’entreprise à 3000 euros de dommages et intérêts.
Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF, se félicite de ce jugement qui reconnaît qu’un salarié, employé par une entreprise française, dépend de la législation française, tant pour ses droits sociaux que son activité syndicale. Dans un moment où la France préside l’Union européenne, cette victoire fait inévitablement écho à la mobilisation syndicale européenne contre le dumping social entre les pays membres de l’Union européenne.
Parti communiste français
Paris, le 23 juillet 2008.
Dublin, Manifestation au pays du « non »
Deux mille personnes ont accueilli Sarkozy en réclamant une Europe protectrice contre le libre-échange et respectueuse du vote irlandais.
Drapeaux irlandais, français et européen déployés
au-dessus de leur capot, ce sont les tracteurs de l’Association irlandaise des paysans (IFA) qui ont accueilli Nicolas Sarkozy à son arrivée au palais du taoiseach Brian Cowen. Les paysans
arboraient des pancartes en français dans le texte, « Bienvenue Monsieur le président Sarkozy. Défendez les agriculteurs et l’alimentaire européens. Stop Mandelson sell-out (stoppez la
braderie du commissaire Mandelson). Président Sarkozy, l’IFA vous remercie. » En ce premier jour de négociations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’IFA entend mettre la pression
sur Brian Cowen et Nicolas Sarkozy. Se sont joints à la manifestation les pêcheurs, mais aussi les militants du « non », pour qui le vote des Irlandais doit être respecté.
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Nicolas Non veut dire Non |
« Nous ne sommes pas des eurosceptiques. Nous sommes des paysans, justifie Billy Moore. Nous sommes là parce que l’UE ne nous prend pas au sérieux. ». « Nous n’avons rien contre l’UE, mais nous n’aimons pas qu’elle nous dise ce qu’il faut faire, se plaint son collègue Tim Sherman. Elle me dit comment nourrir mes cochons, mais ce n’est pas elle qui les nourrit. » Les deux paysans sont inquiets que les négociations à l’OMC puissent ouvrir la voie à des importations massives de viande moins chère et de moins bonne qualité, en provenance d’Amérique du Sud. « Cette viande ne correspond pas à nos standards de production », explique Billy Moore. La cinquantaine, les deux paysans ont l’expérience de l’institution internationale : « Les précédents accords ont tué la production de sucre dans l’île. » Perché sur la remorque de l’un des tracteurs, le président de l’IFA Padraig Walshe (rallié sur le tard aux partisans du traité de Lisbonne) égrène les conséquences des négociations telles que menées par le commissaire européen à la Concurrence : « Dans les négociations, Peter Mendelson a été un désastre. 50 000 fermiers vont devoir fermer leur exploitation. » Non loin, des pêcheurs critiquent la concurrence au sein de l’UE. « Les Français et Espagnols pêchent plus de poissons que nous, les Irlandais, dans nos propres eaux », se plaint Rodge Declan.
À l’arrière de la manifestation, les militants du « non » ont pris place. « Le traité de Lisbonne ouvre la voie à la privatisation de notre système éducatif et de santé gratuite », argumente le jeune socialiste Alexander Farley. Et ajoute : « Nous refusons la militarisation de l’UE. » « Ce pays a été le seul à voter. Cela aurait dû être le cas de tous. Je suis là pour que la décision des Irlandais soit respectée », s’enthousiasme Siegfried Pernhauser, qui a fait le déplacement depuis l’Autriche. « Dans mon pays, on a été des milliers à manifester pour un référendum. Rien », se plaint-il. À ses côtés, des militants portent des tee-shirts « 26 États membres se sont vu refuser un référendum ».
Irlande. Le président français, venu écouter les Irlandais, a dit qu’il « respectait » les partisans du « non » au traité de Lisbonne mais a principalement écouté les partisans du « oui ».
Pour sa visite éclair à Dublin, Nicolas Sarkozy a été accueilli par près de deux mille manifestants et des interpellations sans équivoque lues sur des pancartes brandies à son passage comme « Casse-toi Sarko. Le peuple a dit non », ou quelques variantes… Le président français a dit vouloir venir à Dublin pour « écouter » et « comprendre » le « non » irlandais au traité de Lisbonne, lors du référendum du 12 juin, mais beaucoup ont vu dans cette visite une volonté de forcer l’Irlande à un second vote jusqu’à obtenir un « oui ». Sarkozy avait choqué les Irlandais quand il avait déclaré la semaine dernière qu’il faudrait organiser un nouveau scrutin en Irlande sur ce traité. L’Irlande a été le seul pays obligé, par sa Constitution, à soumettre le traité européen à référendum.
Une presse peu amène
C’est donc un homme pressé par le calendrier qui est arrivé dans la capitale irlandaise peu disposée à s’en laisser compter. Nicolas Sarkozy a jusqu’au printemps pour faire revoter les Irlandais, sinon les élections européennes de juin se tiendront dans le cadre du traité de Nice, ce qui handicaperait gravement les destinées de « son » traité de Lisbonne. Celui-ci a été rejeté par référendum le 13 juin dernier par 53,4 % des Irlandais. Du côté irlandais, la presse était peu amène hier matin, envers le chef de l’État français, pour qui c’est la première visite en Europe depuis qu’il a pris les rênes de la présidence de l’UE le 1er juillet. Citant des sources gouvernementales, l’Irish Independant estimait que, pour le gouvernement irlandais, les propos du président Sarkozy parlant d’un nouveau vote des Irlandais « n’étaient pas une grande aide ».
Lors de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy en début d’après-midi, le taoiseach (premier ministre) Brian Cowen a répété la position irlandaise : travailler à « comprendre les préoccupations qui avaient influé sur l’issue de ce référendum ». C’est une « étape indispensable avant de décider comment y apporter une réponse », expliquait le communiqué de l’Élysée en ajoutant la main sur le coeur : « Le président de la République a confirmé qu’il respectait le résultat du référendum irlandais mais s’est félicité de constater que le processus de ratification se poursuivait dans les autres États membres » de l’UE. Les deux hommes espèrent que le Conseil européen des chefs d’État d’octobre permettra d’ébaucher une issue.
Aucune percée n’est attendue
Venu « à l’écoute », Nicolas Sarkozy a surtout entendu les partisans du « oui » acquis à la cause du traité de Lisbonne, et battus à plate couture en juin. Il a rencontré dix-huit représentants de la société irlandaise : députés, responsables d’organisation socio-économiques, responsables associatifs, etc. Un parterre où le « oui » s’est taillé la part du lion avec onze représentants. Les chrétiens-démocrates et des travaillistes qui avaient appelé à voter « oui », sans doute peu sûrs d’eux, avaient demandé une réunion particulière après avoir refusé d’être « mélangés » aux autres personnalités conviées à la résidence de France. Seul parti au Parlement à avoir fait la campagne du « non », Sinn Féin était représenté par son président, Gerry Adams… député d’Irlande du Nord, Marie-Lou McDonald étant à l’étranger.
Aucune percée n’était attendue à l’occasion de cette visite, Dublin ayant exprimé le besoin de temps pour réfléchir à une sortie de crise. Si Sarkozy a admis lors de sa conférence de presse que « nous n’aurons pas la solution miracle », il a tenu cependant à mettre la balle dans le camp irlandais, histoire de les enfoncer une nouvelle fois : « C’est soit Nice, soit Lisbonne. La majorité des États n’est pas prête à ouvrir une nouvelle conférence intergouvernementale. » Quant au vote des Irlandais ? « On leur posera la question », a affirmé le chef de l’État. Plus tard bien sûr !
Pascal Lamy a
pris l’initiative de réunir les ministres d’une trentaine de pays à partir d’aujourd’hui à Genève pour tenter de trouver un accord sur la libéralisation du commerce international. Pour lui,
boucler avant la fin de cette année le cycle de négociation entamé en 2001 à Doha est devenu un objectif en soi, indépendamment du contenu de l’accord. Ancien commissaire européen en charge du
Commerce, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) fait le forcing depuis des mois pour parvenir à ses fins dans un style peu démocratique. Alors que l’OMC compte 152
pays membres, seulement une demi-douzaine de négociateurs représentants les États-Unis, l’Union européenne, le Brésil, l’Australie, le Japon et le Canada discutent depuis des mois du contenu d’un
texte qui serait finalement soumis à la signature de 152 pays après avoir été retouché et validé par un groupe de trente. Or, ces six (dont un groupe de pays pour l’Union européenne) sont ceux
qui estiment avoir le plus à gagner avec une baisse sensible et simultanée des tarifs douaniers sur les produits alimentaires, les produits industriels et les services. Dans cette partie de poker
menteur, les États-Unis veulent gagner sur tous les tableaux. Ils ont maintenu par plusieurs votes récents du Congrès leurs subventions aux farmers étatsuniens, tout en exigeant une baisse
sensible des tarifs douaniers des pays émergents comcomme des pays pauvres pour leur vendre de la haute technologie et des services. Le Brésil, soutenu par l’Australie, l’Argentine et les autres
pays du groupe de Cairns, veut inonder le monde entier de ses exportations de viande, de soja et d’étha-nol issu de la canne à sucre. Ces grands pays agricoles peu peuplés au regard de leur
superficie entendent ainsi profiter de leurs avantages comparatifs en agriculture pour faire rentrer plus de devises via l’agrobusiness. Le Japon a tout à gagner d’une baisse des tarifs douaniers
sur les technologies de pointe et les services. Mais il veut aussi protéger ses producteurs de riz, au nom d’une souveraineté alimentaire au demeurant fort légitime.
Parce qu’ils sont tous représentés par le commissaire britannique Peter Mandelson, adepte d’une économie de comptoirs, les 27 pays de l’Union européenne constituent le maillon faible dans ce premier cercle des négociateurs. Sans que les chiffres exacts ne soient jamais portés à la connaissance du grand public, il apparaît que Mandelson a pratiquement tout lâché sur l’agriculture avec des baisses de tarifs douaniers pouvant atteindre 70 à 75% sur plusieurs produits sensibles dont les viandes de bovins, de porcs et de volailles. À cela s’ajoute l’engagement de réduire dans des proportions identiques les soutiens internes connus désormais sous le nom de droits à paiement unique (DPU). L’argument de Mandelson, des commentateurs libéraux et des responsables politiques qui le soutiennent consiste à dire qu’un accord qui affaiblit l’agriculture européenne demeure un bon accord pour l’Europe dès lors que ses firmes vendeuses d’Airbus, de centrales nucléaires, de TGV et de services bancaires accèdent plus facilement aux marchés des pays émergents. Ce qui reste à démontrer. Surtout que Mandelson n’a encore pas marqué un seul point sur ce terrain-là.
Mais il y a plus grave. Présenter comme un « accord équilibré » le troc de la souveraineté alimentaire et le sacrifice des paysans contre une meilleure santé des banques, des compagnies d’assurances et de l’industrie de pointe relève d’une folle irresponsabilité. Ce qui se passe sous nos yeux depuis l’été 2007 avec la flambée des prix des produits alimentaires de base en raison de la faiblesse des stocks mondiaux devrait alerter les décideurs politiques. Cette flambée des cours sur certaines denrées de base permet d’imaginer ce qui se passera le jour où une fragilisation irréversible de la paysannerie européenne aura encore accru la dépendance alimentaire de l’UE qui doit nourrir 500 millions de consommateurs. Surtout que l’Europe est déjà globalement déficitaire en céréales, en oléagineux, en protéagineux, en viande bovine, en viande ovine, en fruits et légumes et pourrait l’être bientôt en vins alors qu’elle demeure le berceau de la viticulture mondiale. Dans ce grand marchandage mondial, les pays les moins avancés perdraient sur tous les tableaux en cas d’accord à Genève. victime de celle des pays riches et de celle des pays émergents. Leur agriculture aussi, d’autant que l’accès privilégié au marché européen dont bénéficient aujourd’hui la plupart de leurs produits agricoles serait remis en cause du fait de la plus grande compétitivité de pays comme le Brésil, l’Argentine, l’Australie et la Nouvelle- Zélande après un nouveau rabotage des tarifs douaniers. Pascal Lamy et Peter Mandelson soutiennent que la libéralisation des marchés et la croissance des échanges induits par cette libéralisation apporteront quelques dixièmes de point de croissance à l’économie mondiale, à défaut de l’abondance pour tous au meilleur prix. Et que la libéralisation du commerce agricole permettra au marché de répondre aux besoins. Ce genre de pronostic ne vaut rien pour l’agriculture dont la production peut varier d’une année à l’autre pour différentes raisons, climatiques en premier lieu.
Le directeur général de l’OMC, le négociateur européen et même le directeur du FMI tiennent des raisonnements de technocrates déconnectés des réalités en voulant traiter l’agriculture comme l’industrie et les services dans le grand bazar mondial. Cela devrait faire réfléchir nos décideurs politiques. Alors que Mandelson va négocier au nom de l’Europe, Michel Barnier, le ministre français de l’Agriculture, ne pourra être que dans les coulisses avec sa collègue Anne-Marie Idrac, tandis que le principal dirigeant et quelques experts de la FNSEA seront à leurs côtés. Jeudi dernier, Peter Mandelson avait ironisé sur cette présence de Michel Barnier dans les coulisses de la négociation de Genève, affirmant qu’il verrait bien le ministre français de l’Agriculture « apporter le pique-nique » aux trente ministres négociateurs venus de différentes régions du monde. Car, a-t-il ajouté, « nous aurons besoin de moyens de subsistance pendant cette longue semaine ». Une façon sans doute de répondre à Nicolas Sarkozy qui l’accusait récemment d’avoir bradé l’agriculture sans contrepartie. Une accusation fondée mais qui révèle aussi l’ambiguïté du discours tenu par le président de la République. Car Nicolas Sarkozy continue de parler d’accord « équilibré ». Lequel pourrait toujours impliquer de sacrifier le secteur agricole si d’autres secteurs s’en sortent mieux. C’est justement l’erreur à ne pas commettre au regard de la situation alimentaire mondiale plus tendue que jamais.
« Le commerce international peut jouer un rôle important dans la promotion du développement économique et la diminution de la pauvreté. Nous
reconnaissons la nécessité que tous nos peuples bénéficient de l’augmentation des opportunités et des progrès du bien-être que génère un système multilatéral du commerce. La majorité des membres
de l’OMC sont des pays en développement. Nous prétendons mettre leurs besoins et intérêts au centre du programme de travail adopté dans la présente déclaration. »
DÉCLARATION MINISTÉRIELLE DE DOHA DE L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE, 14 NOV. 2001.
C’est par ces paroles qu’a débuté le cycle de négociations de l’OMC, il y a sept ans. Le développement économique, la diminution de la pauvreté, les besoins de tous
nos peuples, l’augmentation des opportunités pour les pays en développement sont-ils réellement au centre des actuelles négociations de l’OMC ?
La première chose que je dois dire c’est que, si tel était le cas, les 153 pays membres et plus encore la large majorité des pays en développement devraient être les principaux acteurs des
négociations de l’OMC. Mais ce à quoi nous assistons est qu’une poignée de 35 pays sont invités par le directeur général à des réunions informelles pour avancer substantiellement dans la
négociation et préparer les accords de ce « cycle pour le développement » de l’OMC.
Les négociations de l’OMC se sont converties en une lutte des pays développés pour ouvrir les marchés des pays en développement en faveur de leurs grandes entreprises.
Les subventions agricoles du Nord, qui reviennent principalement aux firmes agroalimentaires étatsuniennes et européennes, non seulement continueront mais augmenteront, comme le démontre la loi
agricole américaine Farm Bill 2008 (1) . Les pays en développement baisseront les droits de douanes pour leurs produits agricoles pendant que les subventions réelles (2) des États-Unis et de
l’Union européenne à leurs produits agricoles ne diminueront pas. Concernant les produits industriels au sein des négociations de l’OMC, elles cherchent à ce que les pays en développement
réalisent des coupes dans leurs droits de douane de 40 % à 60 % tandis que les pays développés diminueront en moyenne leurs droits de douane de 25 % à 33 %.
Pour des pays comme la Bolivie, l’érosion des préférences douanières pour la distribution généralisée des droits de douane aura des effets négatifs sur la compétitivité de nos exportations. La
reconnaissance des asymétries, le traitement spécial et différencié réel et effectif en faveur des pays en développement est limité et entravé par les pays développés.
Dans les négociations, on encourage la libéralisation des nouveaux secteurs des services alors que ce qu’il faudrait faire serait d’exclure définitivement du texte de l’accord général sur le
commerce des services de l’OMC les services de base que sont l’éducation, la santé, l’eau, l’énergie, et les télécommunications. Ces services sont des droits humains qui ne peuvent être objets de
commerce privé et de règles de libéralisation qui conduisent à la privatisation. La dérégulation et la privatisation des services financiers, entre autres, sont la cause de l’actuelle crise
financière mondiale. Plus de libéralisation des services ne mènera pas à un plus grand développement, mais à plus de possibilités de crise spéculative sur des sujets vitaux comme
l’alimentation.
Le régime de propriété intellectuelle établi par l’OMC a bénéficié surtout aux transnationales qui monopolisent les brevets, renchérissant le prix des médicaments et des autres produits essentiels, encourageant la privatisation et la marchandisation de la vie même, comme le prouvent les divers brevets sur les plantes, animaux et jusqu’aux gènes humains. Les pays les plus pauvres seront les principaux perdants. Les projections économiques d’un potentiel accord de l’OMC, effectuées y compris par la Banque mondiale (3), indiquent que les coûts accumulés en termes de perte d’emplois, restrictions dans la définition des politiques nationales et perte de revenus douaniers seront plus importants que les « bénéfices » du cycle de Doha.
Après sept ans, le cycle de Doha est ancré dans le passé et dépassé par des phénomènes plus importants que nous vivons aujourd’hui : la crise alimentaire, la
crise énergétique, le changement climatique et l’élimination de la diversité culturelle. On fait croire au monde que l’on a besoin d’un accord pour résoudre un agenda mondial et cet accord ne
représente pas cette réalité. Ses bases ne sont pas adéquates pour faire face à ce nouvel agenda mondial.
Des études de la FAO signalent que les actuelles forces de production agricoles sont capables de nourrir 12 milliards d’êtres humains, c’està- dire quasiment le double de la population mondiale
actuelle. Pourtant, on assiste à une crise alimentaire, car on ne produit pas en vue du bien-être de l’humanité mais en fonction du marché, de la spéculation et de la rentabilité des grands
producteurs et distributeurs d’aliments. Pour faire face à la crise alimentaire, il est nécessaire de renforcer l’agriculture familiale, paysanne et communautaire. Les pays en développement
doivent récupérer le droit de réguler (4) leurs importations et exportations pour garantir l’alimentation de leur population.
Nous devons en finir avec le consumérisme, le gaspillage et le luxe. Dans la partie la plus pauvre de la planète, des millions d’êtres humains meurent de faim tous les ans. Dans la partie la plus
riche de la planète, on gâche des millions de dollars pour combattre l’obésité. Nous consommons excessivement, gaspillons les ressources naturelles, et produisons des déchets qui polluent la
Terre Mère.
Nous devons mettre en priorité la consommation de ce que nous produisons localement. Un produit qui traverse la moitié de la planète est souvent moins cher que celui qui se produit nationalement,
mais, si l’on tient compte des coûts environnementaux du transport de cette marchandise, la consommation d’énergie et la quantité d’émissions de carbone que cela génère, nous arrivons à la
conclusion qu’il serait plus sain pour la planète et l’humanité d’encourager la consommation de ce qui se produit localement. Le commerce extérieur doit être un complément de la production
locale. Nous ne devons privilégier d’aucune façon le marché externe sur la production nationale. Le capitalisme veut tous nous uniformiser pour nous transformer en de simples consommateurs. Pour
le Nord, il y a un seul modèle de développement, le sien. Les modèles uniques au niveau économique sont accompagnés de processus d’acculturation généralisée qui nous impose une seule culture, une
seule mode, une seule façon de penser et de voir les choses. Détruire une culture, attenter à l’identité d’un peuple est le dommage le plus grave que l’on peut faire à l’humanité. Le respect et
la complémentarité pacifique et harmonique des diverses cultures et économies sont essentiels pour sauver la planète, l’humanité et la vie.
Pour que ce cycle de négociations soit effectivement du développement et ancré dans le présent et le futur de l’humanité et de la planète, il devrait :
Au XXIe siècle, un « cycle pour le développement » ne peut plus être de « libre-échange » mais doit au contraire promouvoir un commerce qui contribue à l’équilibre entre les pays, les régions et la Mère Nature, en établissant des indicateurs qui permettent d’évaluer et de corriger les règles du commerce en fonction du développement durable. Les gouvernements ont une énorme responsabilité envers nos peuples. Des accords comme ceux de l’OMC doivent être largement connus et débattus par tous les citoyens et non seulement par des ministres, des entrepreneurs et des « experts ». Nous, les peuples du monde, devons arrêter d’être des victimes passives de ces négociations et devenir des protagonistes de notre présent et de notre futur.
_ [1] _ [2] _ [3] _ [4] _ [5] _ [6]
[1] Le Farm Bill 2008 a été approuvé le 22 mai par le Congrès des États-Unis. Il autorise à réaliser des dépenses qui incluent des subventions à l’agriculture jusqu’à 307 milliards de dollars en cinq ans. De cela approximativement 208 milliards de dollars pourront être dépensés en programmes alimentaires.
[2] Le texte actuel concernant l’agriculture propose de baisser les subventions des États-Unis entre 13 et 16,4 milliards de dollars par an. Pourtant les subventions réelles qu’appliquent actuellement les États- Unis sont approximativement de 7 milliards par an. D’autre part, l’Union européenne propose dans le cadre des négociations de l’OMC la réforme qu’elle a réalisée en 2003 de sa politique agricole commune (PAC), sans proposer de plus grandes ouvertures.
[3] Les pays en développement ont peu à gagner dans le cycle de Doha : les gains projetés seront de 0,2 % pour ces pays, la réduction de la pauvreté sera de 2,5 millions (moins de 1% des pauvres dans le monde) et les pertes pour droits de douane non perçus seront d’au moins 63 milliards de dollars. (« Market and Welfare Implications of Doha Reform Scenarios », in Agricultural Trade Reform and the Doha Development Agenda. World Bank, Anderson, Martin et Van der Mensbrugghe. Back to the Drawing Board : No Basis for Concluding the Doha Round of Negotiations, Kevin P. Gallagher et Timothy.)
[4] Cette régulation doit inclure le droit à mettre en place des impôts sur les exportations, baisser les droits de douane pour favoriser les importations, interdire des exportations, subventionner les productions locales, établir des franges de prix, et enfin toute mesure qui selon la réalité de chaque pays serve le mieux l’objectif de garantir l’alimentation de la population.
[5] « Green room meeting » ou « réunion dans la salle verte » est le nom des réunions informelles de négociation à l’OMC auxquelles participe un groupe de 35 pays élus par le directeur général.
[6] Une coupe réelle des États-Unis devrait représenter moins de 7 milliards de dollars par an.
demande
le programme partagé du front de gauche
et le livre de pierre laurent secretaire du PCF
nouveau pari communiste
Parce que nous partageons le projet « l'Humain d'abord » porté par le Front de Gauche et ses candidat(e)s aux élections présidentielle et législatives de 2012,

Nous soutenons et appelons à soutenir Jean-Luc Mélenchon ,
Candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle.
Un autre avenir est possible, l'humanité a, dans son histoire, surmonté de nombreuses crises. Notre peuple a su renverser des montagnes pour défendre les idées de liberté et d'égalité. La racine des problèmes actuels se trouve dans la domination sans partage du capital financier sur le monde. Alors, osons affronter le système financier, ceux qui le dirigent et en profitent. Nous retrouverons rapidement un avenir. Le problème est politique. Pour résoudre la crise, nous devons reprendre le pouvoir par une révolution citoyenne. Que le peuple, à la faveur d'une 6èmeRépublique, exerce le pouvoir pour de bon. La présidentielle et les législatives de 2012 peuvent en ouvrir le chemin. Le programme initié par le Front de Gauche peut y contribuer, non pas comme un recueil de solutions toutes faites, mais comme un outil visant à rendre majoritaires dans notre pays 2 objectifs : Rompre avec les politiques suivies ces dernières années.et reconstruire à partir de l'humain, de ses besoins, de ses aspirations. Pour cela le peuple doitintervenir. Il est le seul à même de décider de l'intérêt général. Partager les richesses, reprendre le pouvoir aux banques, mettre en uvre une planificationécologique, produire autrement, construire la 6ème République, partager le savoir, sépanouir par les arts, la culture et les pratiques culturelles.
METTONS NOS FORCES EN COMMUN
Renvoyer à
fdg30melenchon2012@gmail.com
Comité de soutien porté notamment dans le Gard par les 6 candidat(e)s du Front de Gauche aux législatives : Sylvette FAYET pour la 1ère circonscription ; Danielle FLOUTIER, 2ème circonscription ; Charles MENARD, 3ème circonscription ; Edouard CHAULET, 4ème circonscription ; Jean-Michel SUAU, 5ème circonscription ; Martine GAYRAUD, 6ème circonscription
«Sarkozy n'a pas tenu ses promesses.»
Partagez-vous l'analyse de Nicolas Sarkozy, pour qui le chômage serait la faute des chômeurs que du manque d'emploi ?
Bien sur, je ne partage pas cette vision des choses et jr trouve les propos du président de la république particulièrement indécent à la fin d'un mandat au cours duquel il avait pourtant promis de réduire le chômage. Non seulement, il n'a pas tenu ses promesses mais le chômage a considérablement augmenté. C’est particulièrement sensible dans le Gard et à Nîmes ou le nombre de chômeurs est plus élevée que la moyenne nationale.
Quelle solution préconise le front de gauche ?
Elles passent par la formation des jeunes et notamment celle aux nouveaux métiers. Je pense par exemple aux métiers qui se développent dans le secteur du développement durable ou des nouvelles énergies. Le gouvernement qui n'a pas mis les moyens pour former les jeunes à ces nouveaux métiers a préféré miser sur le développement du secteur tertiaire. Or, cela ne répond en rien à l'avenir du pays. Il faut ensuite dé-précariser les emplois. Des milliers de femmes ne sont pas prises en compte parmi les demandeurs d'emplois mais touchent des salaires de misères pour des emplois précaires. Ensuite, il y a, certes, à mener la nécessaire ré industrialisation du pays mais il convient également de développer l'aide à l’agriculture. Nombre d'agriculteurs sont en très difficultés, et ne peuvent plus vivre de leur métier.
Certains dénoncent les charges qui pèsent sur l'entreprise et donc l'emploi....
dans ce domaine, il faut faire le distinguo entre les petites et les grandes entreprises. Total vent par exemple d'annoncer des profits colossaux alors même que cette entreprise est exonérée de charge et que dans le même temps des petites entreprises ou des artisans qui rencontrent de graves difficultés ne sont pas aidés. Le gouvernement n'a pas effectue les bons choix ; il a exonéré de charges les grandes entreprises sans aucune contrepartie. Sans compter que très souvent banque ne jouent pas le jeu.
Christian BASTID
Conseiller général
Nîmes III
Conseiller municipal
04 66 76 77 79
Fax 04 66 76 79 48
christian.bastid@gard.fr
Budget du logement,une honte pour notre pays
15,5%, soit 3 millions d’euros. C’est la baisse annoncée des crédits de l’Etat pour la construction de logements sociaux en Languedoc-Roussillon en 2012 (passant de 19,29 à 16,29 millions d’euros).
Selon le Comité Régional de l’Habitat, cette somme permettra tout de même de participer au financement de 4 690 logements et de satisfaire « toutes les demandes des bailleurs ».
Voilà une affaire bien réglée avec, d’un côté des élus de droite qui font tout pour bloquer la construction de logements sociaux (voir la liste des communes gardoises en infraction avec la loi SRU) et de l’autre, un gouvernement de droite qui réduit chaque année les crédits consacrés au logement social.
4 690 logements pour tout le Languedoc-Roussillon, c’est un chiffre à mettre en relief avec les besoins gardois (estimés à 55 000 logements supplémentaires sur les 10 prochaines années) et nîmois avec encore 4 000 familles en attente d’un logement.
3 millions d’euros de crédits d’Etat supprimés, c’est un chiffre à comparer avec l’effort du Conseil général en la matière : près de 6M€ par an.
Clairement, le budget de l’Etat pour le logement social, voté par le député Lachaud et le sénateur Fournier, est loin des enjeux de nos territoires, très en retard en la matière et des besoins d’une population extrêmement touchée par la crise sociale. Selon la Fondation Abbé Pierre, ce sont 10 millions de français qui sont frappés, à différents niveaux, par la crise du logement.
Ce budget est une véritable honte pour notre pays.
Christian BASTTID
CDH Vistrenque
L'HUMANITÉ du DIMANCHE
Un journal à vos côté
16
février 2012
au
22 février 2012


Le nombre de pauvres dans l’UE est passé de 79 millions l’an dernier à 84 millions cette année (soit 17 % de la population). Et du fait de la crise, « les nouvelles données, risquent d’être plus inquiétantes », prévient le commissaire à la Santé. C’est surtout une question de politique répond la plate-forme sociale, réseau européen d’ONG. Conny Reuter, son président, pose la question. « Gouvernance économique, qu’est-ce que cela signifie ? Privilégier la réduction de la pauvreté ou respecter le Pacte de stabilité ? »
octobre2010
Europe GABIN VISIONNAIRE
http://www.dailymotion.com/video/x970st_europe-gabin-visionnairey_news
rassemblant une centaine d’organisations et de collectivités publiques françaises
MEMBRE DE LA COALITION MONDIALE CONTRE LA PEINE DE MORT
43, boulevard de Magenta 75010 Paris - TEL : 01 53 38 99 99 - FAX : 01 40 40 90 98 - E MAIL : abujamal@free.fr
http://www.mumiabujamal.com
la peine de
mort est commuee en prison a vie
Telle est la consequence de la decision du procureur Seth Williams qui a annonce hier qu`il renoncait a saisir la justice
de Pennsylvanie pour un nouveau proces.
Cette decision - rendue public au moment meme ou nous rencontrions Mumia dans le couloir de la mort - met un terme a 30
ans d`acharnement judiciaire pour tuer Mumia.
C`est une grande victoire a mettre a l`actif de la mobilisation internationale et de la defense. Mumia remercie tres chaleureusement les soutiens francais qui ont contribue a cette victoire.
Avant meme de connaitre cette decision, Mumia nous confiait sa ferme intention de poursuivre le combat pour faire
reconnaitre son innocence. C`est dans ces conditions nouvelles et avec cet objectif que ses soutiens du monde entier continueront a agir.
La peine de mort ecartee, c`est desormais le deni de justice qui doit etre reconnu et Mumia libere, comme l`a declare le
prix Nobel de la paix Desmond Tutu.