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Inégalités . En réponse à Sarkozy, les syndicats
plaident pour des salaires et une fiscalité plus justes. Le MEDEF restreint le débat à l’épargne.
C’était le 18 février, au plus fort du mouvement social lancé par les syndicats. À défaut de lui apporter des réponses à la hauteur des attentes, Nicolas Sarkozy tente de donner le change en esquissant une ouverture : il demande aux syndicats et au patronat d’engager des discussions et de lui faire des propositions sur le partage de la valeur ajoutée, la répartition des profits et les écarts de rémunérations. Trois questions clés touchant au coeur des phénomènes qui ont engendré la crise. Aussitôt, Laurence Parisot balaye l’idée d’un revers de main. Avec ces sujets, nous serions, plaide en substance la présidente du MEDEF, dans un domaine réservé, celui des détenteurs de la finance. Depuis, il n’y a pas eu, entre les « partenaires sociaux », le début d’une négociation ou même d’un débat. Tout au plus un échange de vues est-il maintenant envisagé d’ici à la fin de l’année.
Du coup, irant leçon de ces tergiversations, et persuadé qu’un délai supplémentaire ne fera pas évoluer la position patronale, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, invite le chef de l’État à « s’engager sans plus attendre ». Nicolas Sarkozy a en effet toutes les cartes en main. À défaut d’improbables propositions communes, les organisations de salariés et du patronat lui ont adressé, ces derniers jours, séparément, leurs propres pistes pour changer la donne en matière de partage des richesses. Le choix est désormais assez clair.
Partant de l’idée - pourtant contestée par nombre d’études et rapports - qu’il n’y aurait pas eu « déformation » du partage de la valeur ajoutée au détriment des salaires, le MEDEF consacre ses propositions au seul développement de l’intéressement et à la participation. « Les mécanismes d’épargne salariale sont les mieux à même de répondre à l’exigence d’association des salariés aux performances collectives de l’entreprise », écrit Laurence Parisot. Elle suggère notamment de fusionner intéressement et participation en un seul dispositif, dont les modalités seraient laissées à la discrétion de chaque entreprise.
Sur sa lancée, et en ayant à l’esprit le prochain rendez-vous de 2010 sur les retraites, la patronne des patrons déclare vouloir faire de l’épargne salariale, le moyen de « compléter progressivement, par un système de capitalisation », le financement actuel des retraites par répartition. Les salariés, affirme-t-elle, « doivent pouvoir contribuer à la préparation de leur retraite à l’aide de ces dispositifs fondés sur les performances de l’entreprise ». Elle plaide ainsi pour de nouvelles incitations fiscales et sociales au développement des plans d’épargne retraite (PERCO).
Les syndicats, de leur côté, rappellent qu’intéressement et participation sont deux modes de rémunération foncièrement inégalitaires et aléatoires puisque dépendant exclusivement du résultat financier de l’entreprise. La CGT donne la priorité à l’augmentation des salaires, proposant en ce sens de « conditionner les aides publiques à la conclusion d’accords salariaux » dans les entreprises et les branches. Elle en appelle aussi à l’instauration d’une sécurité sociale professionnelle comme moyen de faire reculer la précarisation de l’emploi, qui pèse lourdement sur les revenus salariaux. La CFDT veut utiliser le levier des exonérations de charges afin, dit Gaby Bonnand, le secrétaire national, qu’elles ne servent pas de « primes aux bas salaires » mais favorisent l’élévation des qualifications, donc des salaires. FO réclame une « dynamisation des négociations salariales » pour soutenir la consommation.
S’agissant des rémunérations des patrons, ces trois confédérations jugent qu’elles doivent être liées, notamment, à des objectifs sociaux et économiques (politiques salariales, emploi, investissement, etc.). FO proposant d’instaurer par la loi, « un écart maximal entre les salaires ». Enfin, d’une même voix, les syndicats revendiquent la suppression du bouclier fiscal (privilège des hautes rémunérations) et le rétablissement de la progressivité de l’impôt sur le revenu par la création de tranches supplémentaires pour les plus hauts revenus.
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