Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 18:32

arton878255-ee1e9.jpg À l’issue de la conférence sur le déficit, Nicolas Sarkozy renvoie les décisions concrètes au mois d’avril. Mais il annonce clairement ses intentions  : réduire drastiquement les dépenses en s’attaquant à la protection sociale et aux services publics

Comme il l’avait annoncé à l’occasion du lancement du grand emprunt, Nicolas Sarkozy a présidé hier à l’Élysée la « conférence sur le déficit », entouré de ses conseillers, du premier ministre et des ministres de l’Économie, du Budget, du Travail, de la Santé et de l’Intérieur. Étaient présents également les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat et des présidents de commissions parlementaires, les représentants des organismes sociaux, le président de l’Association des maires de France. Invités, les présidents socialistes de l’Association des présidents de conseils régionaux et généraux avaient annoncé leur refus de participer.

les vraies décisions ne seront prises qu’en avril

Le président veut « aboutir à un diagnostic sur la situation de nos finances publiques qui soit partagé par les responsables de l’État, des collectivités locales, de la Sécurité sociale et, au-delà, par tous les Français ». À cette fin, il a désigné Paul Champsaur et Jean-Philippe Cotis pour rédiger un rapport qui sera rendu public. Sans doute pour cause d’élection régionale, les vraies décisions ne seront prises qu’en avril, lors d’une seconde conférence sur le déficit. Ce qui n’est pas pour rassurer. Car le chef de l’État ne fait pas mystère de ses intentions. Pour rétablir l’équilibre des comptes publics, stabiliser puis réduire la dette, il n’a qu’une solution à proposer  : réduire drastiquement les dépenses publiques. Il écarte d’emblée toute réflexion sur la fiscalité. « Ceux qui la préconisent sont des menteurs car plus d’impôts, c’est moins de croissance », assène-t-il. Rien ne sera épargné, le président de la République annonce « qu’il faut agir sur chacune des composantes de la dépense ». En tout premier lieu, les dépenses sociales qui « représentent plus de la moitié des dépenses publiques et sont aussi celles qui croissent le plus vite ». C’est dans ce cadre qu’il situe la réforme des retraites en 2010. Il confirme l’objectif du « retour à l’équilibre des hôpitaux publics d’ici 2012 » et annonce qu’il maintiendra la rigueur du budget 2010 de l’assurance maladie dans les années à venir.

les collectivités locales montrées du doigt

Le président de la République ouvre aussi un nouveau chantier  : s’attaquer aux dépenses des collectivités locales. Il les accuse d’avoir augmenté leurs dépenses de plus de 20 % depuis 1980 en rapport du produit intérieur brut (PIB), en dehors des effets de la décentralisation, et exige que les collectivités soient « directement associées au redressement des finances publiques ». Il reconnaît, dans cette inflation des dépenses des collectivités, une certaine responsabilité de l’État quand celui-ci fixe, sans concertation, des normes aux collectivités locales. S’agit-il des normes environnementales, sanitaires, sociales  ? Un groupe de travail proposera en avril « un objectif de dépense pour les collectivités locales ». Enfin, concernant les dépenses de l’État, Nicolas Sarkozy se décerne le diplôme de premier de la classe, vantant son mérite de ne pas les avoir fait progresser plus que l’inflation et le non-remplacement d’un départ de fonctionnaires à la retraite sur deux. Mais « nous devrons aller plus loin et accélérer le mouvement », prévient-il. Et le président d’annoncer pour avril « un plan complet pour réduire les dépenses de l’État » dont « l’objectif sera ambitieux ». Le chef de l’État veut suivre l’exemple des Allemands en inscrivant cette ambition dans la Constitution. Derrière le flou des annonces, personne ne peut se tromper sur les intentions. Dès le lendemain de l’élection régionale, il s’apprête à mettre la France au régime de la rigueur avec notamment deux cibles  : les services publics et la protection sociale. Serait mis à mal justement ce qui a permis à la France de « résister à la crise mieux que ses voisins ».

 

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Par secretaire de section
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